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14 May 2013

Où sont les fembots ?

Machos after all En choisissant d'intituler l'album Random Access Memories, les Daft affichent clairement leur concept : souvenirs-souvenirs, un peu de ceci, un peu de cela. Au petit bonheur la chance, suis-je tenté d'ajouter. Ils se sont fait plaisir, on ne peut pas le leur reprocher étant donné la clique classe qu'ils ont réussi à rassembler autour d'eux. (Cela dit, pas l'ombre d'une femme à l'horizon : la misogynie nerd et adolescente du duo de potos commence à se voir…)

Les gars chez Columbia ont dû sauter de joie quand ils ont appris qu'ils allaient avoir un disque de dance molle, avec des featurings prestigieux et hype, plutôt qu'une expérimentation casse-gueule comme le fut Human After All. Hum. Alors, RAM, un album dance ? Peter Rauhofer, encore tiède, doit déjà se retourner dans sa tombe.

Give Life Back To Music sonne comme l'aveu de ce qu'est RAM, et de ce qu'il ne sera pas : un disque "live", avec des instruments. Ca pourrait être alléchant, une belle promesse. Mais dès ce premier morceau, on comprend bien qu'on est dans l'hommage, regard dans le rétro, plutôt que dans la re-création à proprement parler. Au sein même de l'album, les morceaux se marchent sur les pieds : Give Life Back to Music sonne comme une maquette de Get Lucky sans Pharrell. And so on.

Giorgio est un morceau bien malin, qui hésite entre suite jazz discoïde et référence pas du tout masquée aux sons du Moroder de la fin des années 70, The Chase en tête. En réalité, cela me fait plus penser à du Cerrone, le Moroder français. Ce n'est pas honteux, mais du coup, c'est hors sujet… Après un passage complètement superflu de scratch qui n'a rien à voir avec la choucroute, tout cela se termine dans un dégueulis de guitares dont même Bon Jovi jeune n'aurait pas eu envie sur une de ses chansons.

Alors à ce moment-là, on peut se poser la question : Daft Punk est-il toujours un groupe électro ? Si c'est parce qu'ils ont besoin d'électricité pour faire marcher les micros, passe encore. Mais il ne reste plus rien du son anorganique propre à l'électro historique, et qui traversait leurs premiers titres jusqu'à certains passages "vénères" de Human After All, plus rien de la froideur synthétique qui baignait les morceaux les moins mélodiques de Tron : L'Héritage.

Sur la plupart des morceaux, la batterie sonne très sèche, comme des boîtes en carton, plus que comme la section rythmique d'un groupe funk. Là encore, le grand écart entre leur vieux son et la direction qu'ils ont choisie semble inabouti. Il faut attendre Contact, à la fin de l'album, pour que la batterie se réveille et se révèle dans un maelström de guitare saturée et de boucles acides, qui rappellent toutefois davantage Human After All que le premier album. Peut-être un clin d'oeil aussi à Aerodynamite (remix d'Aerodynamic), qui reste pour moi un de leurs morceaux les plus épiques et les plus efficaces parce que débarrassé du blabla robotique.

Je sais pas pour vous, mais le vocoder, ou l'autotune, ou whatever outil de filtre vocal, ça me casse les pieds 99% du temps. Le charme d'une voix ne réside-t-il pas dans les souffles, la vibration, parfois l'hésitation ? Un morceau comme Within n'arrive pas à la cheville de Something About Us, leur chef d’œuvre slow, parce qu'il ne propose pas grand chose de nouveau, malgré la présence délicate de Gonzales. Idem sur Instant Crush, intitulé comme un appel à l'achat impulsif, où la voix de Julian Casablancas n'existe plus, noyée dans un ritournelle midtempo hyper prévisible. Je vous mets au défi de passer ça en soirée pour faire bouger le cul des gens.

Au fond, RAM me rappelle que je ne suis pas un fan de Daft Punk, que leus élans créatifs me touchent assez peu malgré leur amour indéniable de la musique, leur culture et leur flair. Je suis resté par exemple complètement hermétique à un morceau comme Touch, qui aurait pourtant pas mal d'atouts pour me plaire. Peut-être que le douze-millième degré m'échappe, j'entends surtout un gros délire sans queue ni tête, ni humour. Certains loueront la "liberté créative", j'entends surtout un pastiche de space-funk des années 70 qui n'apporte rien au genre (ledit genre n'ayant pas apporté grand chose à la musique).

C'est peut-être bien ça le problème : trop calculé pour être daft, trop Saint Laurent pour rester punk, Random Access Memories n'apporte pas grand chose à la musique non plus.

Let me get straight to the point: Random Access Memories is not a horrible album, it's going to sell well (it already is). But it's the record they should have made in 2005, instead of the infamous Human After All. At that time, nobody really wanted to hear about Nile Rodgers or Giorgio Moroder, Julian Casablancas and Panda Bear were super indie, and Pharrell Williams wasn't the fashion icon he is now. The whole project wouldn't have sounded as market-orientated, less French than ever, as it is today.

But hey, who am I to say what they should have done in their place? Didn't they willingly choose to stick to their ManMachine sci-fi concept, going from Human After All to Tron: Legacy? This path seemed like a dead end, both albums being notable flops.

The title Random Access Memories sums up the record's concept: a little bit of this (funk), a little bit of that (rock), provided that it reminds of the good old days (i.e. the artists childhood, Rosebud always). Daft Punk are the epitome of what the major companies need and want from their international acts: something quickly recognizable. Label it "dance music", even if more than 2/3 of the tracks are mid or downtempo. Label it "electronic music", even if the drums sound like cardboard boxes and all the instruments are played live. Label it "arty", even if it's mostly parody. Before I listened to the record, everything I read about it screamed "Lady Gaga album without Lady Gaga". Now that I've heard it, I acknowledge Daft Punk's effort is far more enjoyable, mostly because it's more comfortable. That's the price to pay when you don't (try to) break the rules anymore.

About Get Lucky, everything has already been said. But I didn't read anywhere that, despite the track's good vibe, it lacks of the sexual emergency that pervade the lyrics. A faster tempo would have worked better, and I am deeply convinced that it's a mistake to have Pharrell Williams as the main and sole vocalist. It could have worked as a dialogue, and it would been a killer track if performed by Kylie Minogue or whatever K-Pop high-pitched and bubbly princess.

Funny also how these two Kings of Pop (or maybe Dukes is more than enough) assert themselves as male robots, surrounded by male musicians. Of course they talk of love all the time, and since they are not known for any gayness, women are present throughout several songs. But it's an absolute shame that no lady ended in the studio with them. (Don't tell me that there isn't a disco or funk or 80s rock icon that happens to be also a woman.)

Or it's just another sign of the times, sex equality is still an issue. Duh.

I know for a fact, an insider told me this years ago, that they turned down Madonna's offer to produce what was to become the Music album. I also know for a fact that they did record some demos with Britney Spears when she was growing up from Oops! I Did It Again to I'm A Slave 4 U. But none of these collaborations went through.

As far as I know, the only Daft Punk female collaborationss are a remix they did for British singer Gabrielle, back in 1995, and a version of Technologic featuring Peaches in 2006. Is there anything wrong with this pair of high school buddies ? They're now full grown-ups with wives and families, but still they show, at least, shyness when it comes to girls.

So let's just listen to Get Lucky with different ears : doesn't this song tell the story of a guy who needs luck to get with a chick? So unFrench, so nerdy. Come on Pharrell, I know you can do better...



"We've come too far to give up who we are",
c'est pas un argument de parvenu ?

(Image by Hajime Sorayama,
taken from e621.net)

10 Feb 2013

let's go to the discothique

ws2013web.jpg
1. Bazazz Tengoku - The Cupids ¤ 2. Amada Mia, Amore Mio - The Starlite Orchestra ¤ 3. Ain’t Nothing Gonna Keep Me From You - Teri DeSario ¤ 4. Get Up Get Up - Daniel Wang ¤ 5. Sunset (original mix) - Compuphonic feat. Marques Toliver ¤ 6. Hoooooray - Coma ¤ 7. So Below - Vin Sol ¤ 8. The Fall (Maurice Fulton alt remix) - Rhye ¤ 9. Be Your Girl (Kaytranada extended edition) - Teedra Moses ¤ 10. Treat Me Like Fire - Lion Babe ¤ 11. Love (Your Pain Goes Deep) - Frankie Beverly & the Butlers ¤ 12. Disco Jack - Jackie Mittoo ¤ 13. Cumbia Sampuesana - Alfredo Gutierrez y sus Acordeones Dorados ¤ 14. Think Twice - Donald Byrd ¤ 15. Mashote do Rio - MashmyAs$ ¤ 16. Walkin’ In The Sun - Rufus & Chaka Khan ¤ 17. Every Time Is The Last Time (feat. Sandi Hewitt) - Teruo Nakamura & the Rising Sun Band ¤

¤ WINTER SELECT 2013 ¤

Tropiques au compteur, change pas le moteur

(Music selection and cover design by PlayPause,
original picture taken from any wallpaper website)

22 Dec 2012

2012, c'était pas l'année du blues


Best everything:
Frank Ocean - Channel ORANGE

Clever social media build up, smart personal branding, excellent songs. The controversial tumblr post brought mostly good things, and disgrace on a bunch of archaic machos (there are a few left). The rest is all groove and sexyness and melancholy: Frank Ocean often feels like Little Stevie Wonder doing Janet Jackson. R&B at its best.


Meilleure collaboration qui fait regretter de ne pas avoir été une petite souris en studio :
Leon Ware feat. Quadron - Orchids For The Sun

Quand la jeune garde de la soul rencontre une des légendes vivantes de la Motown, celui qui a écrit If I Ever Lose This Heaven pour Quincy Jones, celui qui a écrit Inside My Love pour Minnie Riperton, celui qui a écrit Musical Massage après s'être fait piquer I Want You par Berry Gordy qui l'a refilé à Marvin Gaye… Tellement élégant / joli / touchant / léger / lumineux. La GRANDE classe.


Best proof that you don't need a record deal to put out one of the loveliest albums of 2012 :
Nicholas Ryan Gant - Promises

2012 has been a very good year on the R&B/Soul scene. Frank Ocean, Solange, Miguel, Cody Chesnutt, THEESatisfaction, AlunaGeorge, Lianne La Havas, Amma Whatt, Carlitta Durand… I could only be superficial, and I highly recommend Bama Love Soul among other reliable sources. After all the terrible "urban" tracks we've heard from the big acts, there is hope from an upcoming generation of producers and songwriters. Too many collaborators have come with easy gimmicks and old ideas. Seriously, do you remember any of the songs from Beyoncé's 4? The beautiful closing piece on Alicia Keys' Girl On Fire is a good example: co-written by Emeli Sandé, 101 brings something new to another release that could have gone completely forgettable. Besides all these considerations, I've been cherishing Nicholas Ryan Gant's album because it felt completely in place, from beginning to end, where unheard structures and uncommon melodies met familiar grooves and harmonies. And I really love his falsetto.


Meilleur mauvais album :
Madonna - MDNA

J'en ai déjà parlé au moment de sa sortie, je ne vais donc pas revenir sur (les qualités et) les défauts de cet improbable bien que jouissif gloubi-boulga. Presque un an plus tard, l'album est déjà tombé aux oubliettes de la pop, mais sa tournée 2012 a rapporté plus d'argent que toutes les autres, Lady Gaga et Justin Bieber sont bien largués. Même petitement successful sur le plan des ventes, Madonna continue à faire ce qu'elle veut, quitte à se mettre ses fans ou Marine Le Pen à dos (Sarah Palin, sans doute flattée qu'on se souvienne d'elle, a préféré fermer sa gueule)… Et quand elle se copie elle-même, cela ne choque personne, alors que le vague emprunt (hommage ?) des One Direction aux Clash leur a valu les pires insultes. Même le Rihanna de saison est moins horripilant que les années précédentes. Les lecteurs du Billboard américain ont donc fastoche élu la mémé de la pop Most Valuable Player de l'année. Ce qui n'est pas sans une certaine ironie étant donné le carton de sa prestation à la mi-temps du Super Bowl : il y a eu plus de spectateurs devant la dame en playback que devant les finalistes qui jouaient pour de vrai (d'ailleurs, on a oublié qui a gagné)… Programmée pour 2013, la diva Beyoncé fait déjà dans sa culotte à l'idée d'attirer moins de monde.


Best "best is yet to come":
Midnight Magic - Walking The Midnight Streets

Everyone who knows me for real has already heard Beam Me Up or Drop Me A Line at least a hundred times. Midnight Magic could have received the award for Best live band in regards of their crazy show at Flash Cocotte party, with less-than-half-naked fans litterally throwing themselves on stage. They also could have had the Audience rescuers medal after they woke up the dullest and blasé crowd (at Silencio club, of course). They even could have gotten the Most resilient artists prize from the Chacha club which had them put on a party for 3 people. But they're all more than that, sick basslines, crazy keys, incredible drums and amazing vocals, sweet fellas, children of Deee-Lite and Sylvester, yet not a tribute band at all. I'm looking forward to seeing them perform with full lineup. Then, probably, I shall forget about trying to fit them in any reductive category.


Meilleur groupe qui porte bien son nom :
Poolside - Pacific Standard Time

Parce qu'avec un nom pareil, ces Californiens te font croire qu'ils jouent de la musique à écouter sur un transat au bord de la piscine. Et ça marche : à chaque fois que j'entends un de leurs morceaux, j'ai l'impression d'être nu au soleil, même quand je me les gèle sous la doudoune. Bien ouej, les gars.


Best cover album that doesn't sound like "American Idol meets Glee":
Meshell Ndegeocello - Pour une âme souveraine - A dedication to Nina Simone

Take one of my favorite deceased singer-songwriters, then take one of my favorite living singer-songwriters, then blend it into the undisputedly best tribute album to Nina Simone. Meshell has managed to pay her respects to Simone's songs as much as give them a new life (and new dawn, and a new day…). And it's feeling good. As funny as it seems, and it's probably not a coincidence, the only song on the album that puts the piano forward is Leonard Cohen's Suzanne, not a song written by Nina the pianist herself. All the other tracks make the best out of Meshell's raw soul, bass witchcraft, electric funk and devilish jazz energy. The album requires a few listens to blossom musically, lyrically and politically, considering the material and the performers. House Of The Rising Sun comes out as one the best versions ever (and Youtube knows it's been covered quite a few times already). Pour une âme souveraine made me discover some gems, such as Nobody's Fault But Mine featuring the immense Lizz Wright and Either Way I Lose that I knew from another great soul singer, Bettye LaVette. Last track on the CD is probably my favorite, Four Women manages to stay as haunting and desperate without the final "Peaches" scream that would probably creep the audience out each time Nina did it.


Meilleure voix qui te fait oublier un look de merde :
Gregory Porter - Be Good

J'ignore si cette cagoule est une coquetterie de Gregory Porter, une prescription de son médecin ou une idée à la con d'un chef de produit, mais c'est encore pire que les perruques multicolores de Nicki Minaj. On s'en fout un peu : cela ne gâche en rien l'organe balèze du monsieur, les morceaux archi bien foutus et une suavité efficace qu'on n'avait pas entendue depuis longtemps chez un chanteur de jazz, plus gospel singer que crooner. Cœur cœur cœur, comme dirait l'autre.


Best Soundcloud bootlegger/bootyshaker:
Cyril Hahn

Until recently, I thought I'd give an award to Virgin Magnetic Material, because his remix of David Bowie's Space Oddity is EPIC. But then I realized that, even though Soundcloud is a great platform that every device has access to, I still like to have my favorite tracks stored on a hard drive, be the Cloud blown away. So less prolific Cyril Hahn wins the prize, because, at least, he doesn't pretend to own a song that he obviously borrowed from someone else, and shares it willfully in order to make the whole world a disco.


Meilleur retour en arrière :
Jessie Ware - Running (Disclosure remix)

Toi et moi avons énormément kiffé la vibe sur I Follow Rivers cet été, sauf que le morceau de Lykke Li et son remix par The Magician datent seulement de 2011. Alors les gagnants 2012 sont les chouchous anglais Disclosure (masqués comme Daft Punk mais uniquement à la palette graphique parce que ça coûte moins cher) grâce à leur remix qui fait machine à danser dans le temps, direction les années UK Garage, 1994-97 more or less. Rendez-vous en 2028 pour chevaucher avec grâce et nostalgie sur un morceau qui nous rappellera ce bon vieux Gangnam Style. Oppa !

Also/aussi en 2012 :
Regional Garland . Mixed Sugar : The Complete Works 1970-1987 - Le1F . Dark York - Le Nonsense - Estèphe - SIMØNE - Zebra Katz feat. Njena Reddd Foxxx . Ima Read - The 2 Bears . Be Strong - Adele . Skyfall - Chromatics . Kill For Love (Drumless) - Michael Mayer . Mantasy - Huerco S. - Fakuta - Zimmer - Mabuana . Only The Facts - Skip & Die . Riots In The Jungle - Klub des Loosers . La fin de l'espèce - Robert Glasper Experiment . Black Radio - Lindstrøm . Smalhans - Philip Glass Rework - Alex Gopher & Xavier Jamaux . Motorway OST - Bill Laswell . Means Of Deliverance - Flying Lotus . Until The Quiet Comes - Little Boots - Jonti . Sine & Moon - Le Crayon - The Best Of Disco Demands - Future Disco presents Poolside Sounds - Personal Space: Electronic Soul 1974-1984 - Kitsuné America …


Bonus track
Best song that bears the same title as another favorite song of mine:
Mickey feat. Monarchy - Love For Sale (Extended mix)

How could I forget this one? It was ON REPEAT for the first six months of 2012. This Belgian guy is a dance music phenomenon, a lot less nostalgic than many other hip producers. Everything I've heard from him is infectiously catchy. On Love For Sale (not to be confused with Love For Sale), he brings freshness and youth to a straightforward love song. And he makes me want to throw my heart on the floor, just like the rest of my body.

Remember Dave Brubeck, Ravi Shankar
Etta James & Donna Summer.

21 Nov 2012

#libertédeconscience #mariagepourtous

mariagepourtous.gif
Monsieur le Président,

Je ne vous écris pas pour vous demander de tenir la promesse 31 de votre plateforme présidentielle. A 37 ans, j’ai vu suffisamment d’élus, à tous les niveaux, de la petite mairie de campagne au palais de l’Elysée, oublier leurs paroles de campagne au profit d’un réalisme bon teint et de la recherche du consensus, une fois au pouvoir. Je ne me fais guère d’illusions et, je n’espère pas que vous mettiez en œuvre plus d’une trentaine de vos soixante engagements.
Le mariage pour tous, toutefois, tient une place à part dans le programme que vous avez présenté aux Français : une loi symbolique ; un engagement clairement de gauche ; une avancée sociale comparable à l’abolition de la peine de mort ou, dans une thématique plus proche, à l’égalité de la majorité sexuelle établies en leur temps par Mitterrand ; la possibilité pour la France en tant que pays des droits de l’homme de rattraper son retard sur la question ; une proposition à la fois “dans l’air du temps” mais aussi en avance sur les traditions dont on se réclame à mon goût trop souvent ; une réforme qui ne coûte pas un sou ; enfin, la reconnaissance par l’Etat que je ne suis pas un citoyen de seconde zone sur le plan psychologique, social et familial, indigne de me marier ou d’élever des enfants.
C’est pourquoi, depuis votre élection, parmi toutes les mesures que vous et votre gouvernement présentez, je suis de près le processus de sa concrétisation et le débat qui a bel et bien lieu à ce sujet.
Je ne suis pas le seul à avoir noté une certaine hésitation, si ce n’est de la timidité, lorsque la présentation du projet de loi devant le parlement a été repoussée de quelques semaines. Cela m’a choqué, j’ai immédiatement déploré que cela ne servirait qu’à envenimer le discours des uns et à radicaliser les autres. Cela n’a effectivement pas manqué et les manifestations de ce week-end en sont la preuve.
Que les religieux les plus archaïques s’accrochent à leurs dogmes pour s’y opposer, grand bien leur fasse. Qu’ils m’insultent au passage, qu’ils fassent l’amalgame entre l’homosexualité et des pratiques aussi condamnables que l’inceste ou la zoophilie, pourquoi pas. Tant que les dépositaires de l’autorité publique condamnent de tels propos, je suis rassuré.
Mais aujourd’hui, lors de votre discours devant l’Association des maires de France, vous avez proposé qu’on délègue le mariage entre homosexuels à des adjoints. Au nom d’une liberté de conscience, inacceptable, si ce n’est inconstitutionnelle, pour un élu municipal.
La promesse de l’égalité de droits n’en est désormais plus une, vous érigez le préjugé en principe recevable de l’exercice du pouvoir.
Comment osez-vous tordre ainsi la devise française “Liberté, égalité, fraternité ? Avez-vous considéré les conséquences d’une telle déclaration au regard des autres minorités qui constituent la population française ? Au nom de quelle valeur considérez-vous qu’un maire peut avoir une conscience autre que celle de servir la République et de faire appliquer sa loi ?
J’enrage et je regrette déjà les deux bulletins de vote que j’ai glissés dans l’urne pour vous porter aux responsabilités. Au-delà de la défense d’une cause qui me tient à cœur, ce soir, j’ai honte d’être français, honte d’avoir cautionné par la voie démocratique votre propre déni de l’idéal républicain.
Les convenances voudraient que je vous prie de recevoir mes salutations distinguées, mais je ne peux que vous présenter, Monsieur le Président, l’expression de ma consternation et le sentiment de déshonneur que vous m’inspirez.

Hubert Kerjean

[EDIT] Bien que le président ait retiré ses propos, je laisse le billet en ligne. Ça pourra toujours servir.

(Voir aussi : François Hollande - Quels droits pour les LGBT ?
Homosexualités et Socialisme, le 29 septembre 2011
image : affichespourtous.fr)

09 Nov 2012

And records scattered on the floor

automne select 2012 
1. INTRO : JANINE 2. EVERLASTING (GAZELLA REMIX) : GLUTEUS MAXIMUS 3. SAY MY NAME (CYRIL HAHN REMIX) : DESTINY'S CHILD 4. LAY IT DOWN (ANDRE LODEMANN NEW VOCAL REMIX) : OMAR 5. AND I SAY FEAT. SCOUT LARUE AND WILL EPSTEIN (XINOBI EDIT) : NICOLAS JAAR 6. OH SHEILA (2 SPARE ASTRONAUTS EDIT) : SLEAZY MCQUEEN 7. SUGAR : MOON BOOTS 8. SMILE SONG : PLONE 9. ALL I HAVE TO DO IS DREAM : WILLIAM BELL & CARLA THOMAS 10. THE SUN DIED : PAUL BRETT'S SAGE 11. HIP SHAKIN' MAMA : IRMA THOMAS 12. LADY MADONNA REWORK (IN PROGRESS) : MY NAME IS NOBODY 13. HE'S A FRIEND : DOROTHY NORWOOD 14. BAUMHAUS : MICHAEL MAYER 15. THE NIGHT BEFORE : LEE HAZLEWOOD 16. CLAIR DE LUNE (RAC ANALOG SYNTHESIZER VERSION) : CLAUDE DEBUSSY 17. MAD RUSH ORGAN : PHILIP GLASS & PANTHA DU PRINCE 18. FLÖTE : POPOL VUH

AUT_OMNE_SEL_ECT_20_12

Stuck somewhere between summer and winter

(Music selection and cover design by PlayPause,
original picture taken here)

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