Étiquette : big boss & winsome

Ecarte les jambes, je touche pas le fond

Gwen Stefani, what she waiting for?Bon, on se connaît à peine, cher lecteur, et je fais déjà ma coquette. Je n’aime pas trop ça : poster des mp3 de vieux tubes que l’on trouve par ailleurs sans difficulté sur les réseaux d’échange P2P. Mais :
– le P2P, c’est pas joli joli, et je m’en voudrais de t’inciter à télécharger illégalement des fichiers alors que tu peux les écouter, à des fins documentaires et hautement intellectuelles, sur des ptiblogs tels que le mien. En plus, le SNEP rôde, gare au derrière de ton disque dur.
– le morceau que je te propose aujourd’hui, quand tu le trouves ailleurs sur Internet, c’est qu’il est extrait d’une compile mixée genre Ragga Connection, donc, il manque le début, il est mangé à la fin, il est pitché de surcroît. Autant dire qu’en termes de respect de l’oeuvre enregistrée, je t’en donne dix fois plus pour ta consommation de bande passante que Monsieur Kazaa.
– c’est avant tout pour éclairer la lanterne de mes (quelques) lecteurs pas français, qui ne connaissent pas le morceau ci-dessous, mais qui vont trouver tremendous le prochain single de Gwen Stefani en duo avec sa copine Eve, Rich Girl.
Cela dit, écoute un peu ce lien (Windows Media). Maintenant, suis mon raisonnement.
On n’en finit plus de reprises et de pompages d’idées, la musique produite et vendue par les majors tourne en rond sur elle-même tel le serpent sans fin qui se mord la queue. Et l’album de Gwen Stefani, qui est bien mignonne par ailleurs, est truffé de fausses trouvailles du genre. Par exemple, sur The Real Thing, le producteur Nellee Hooper fait du William Orbit qui s’inspire de Depeche Mode imitant U2… Dans le genre autocitation, Andre 3000 d’Outkast a réécrit Millionnaire, chanson qu’il a composé pour Kelis, et son ex Tony Kanal, bassiste de No Doubt, produit deux autres titres, donc, si ça ressemble, à du No Doubt, ya pas de doute, c’est fait exprès. Dans la version bonus track de The Real Thing (Wendy and Lisa Slow Jam mix), elle se prend pour Britney qui aurait appris à chanter avec Martika (tu t’en souviens ?); Dans Hollaback Girl, elle se prend pour Christina Aguilera ; sur Harajuku Girls, elle pique le gimmick Oh ouh oh de Prince dans Erotic City ; et dans Serious, elle reprend le fameux Oh Oh (note la nuance) qui a fait le succès de Barbie Girl du groupe Aqua. Comme référence, ça se place là, quand même. La classe !
Et le pompon, c’est le quasi-intégral-pompage de Ah si j’étais riche, dont se sont fendu Big Boss & Winsome il y a quelques années en France, d’après la comédie musicale Un violon sur le toit (ce succès était donc déjà une reprise, par ailleurs rendue célèbre par la verve du grand Ivan Rebroff). Même beats ragga, même dialogue chant-rap : Dr Dre s’enfonce, après le détournement d’un tube de Bollywood pour lequel il a été lourdement condamné, et sur lequel il avait bâti Addictive, de Truth Hurts. (Conclusion de l’affaire, la pauvre Truth Hurts a été lourdée d’Aftermath, le label de Dre…)
Côté news, la demoiselle devait faire plein de promo télé aux étazunis, mais elle est malade, alors elle a tout annulé. Espérons qu’elle va profiter de cette petite pause pour apprendre à chanter en direct, parce qu’on ne peut pas dire qu’elle ait fait des étincelles vocales, la semaine dernière aux MTV Europe Music Awards.
Encore une couche d’ironie par dessus tout cela : la version longue du clip de What You Waiting For? qui met en scène une Gwen Stefani en proie à l’angoisse de la page blanche et qui consulte un hôpital pour chanteuses-de-groupes-qui-se-lancent-en-solo-et-qui-peinent-à-trouver-l’inspiration. Regarde le ici (Quicktime), c’est vraiment drôle.
Simplement, on nous fait croire qu’elle est toute seule aux commandes, alors qu’ils s’y sont mis à plein pour avoir aussi peu d’idées. Et c’est pas gentil, au fond, de tout mettre sur le dos sur la dame.
Excusez-la : c’est une femme, elle est blonde, les américains se contenteront de cette explication.

This one is especially for you, my dear English-speaking reader.
Your favorite radio station will be soon playing non-stop Gwen Stefani’s next single, Rich Girl. You may know the song If I Were A Rich Man, from the musical Fiddler On The Roof. But you may not know the French adaptation, by Big Boss & Winsome, with ragga beats and two girls rapping and singing together… oh! but what does this mean ?
Yes, Dr. Dre, who made himself famous a couple of years ago for uncrediting the sample he used on Truth Hurt’s hit Addictive from a Bollywood song, oops… did it again. He stole the idea of turning this ol’ musical tune into a girlie rap with lots of ragga beats inside. Bad boy.
He, and the major companies behind Gwen Stefani’s album, must have made sure that they wouldn’t get any trouble from this, but, still, it sounds too much the same to be completely honest. At least, they should acknowledge that the idea is not theirs, but they won’t: no American music reviewer will ever mention the French hit and credit someone else for the musical-into-ragga twist. Am I being unfair?
Because, for Interscope, this would mean that they acknowledge also Gwen Stefani’s imitation of Britney imitating Martika on The Real Thing (Wendy and Lisa Slow Jam mix), Gwen Stefani’s caricature of Christina Aguilera on Hollaback Girl. They sould acknowledge Prince’s Erotic City gimmick quotation in Harajuku Girls, and Aqua’s Barbie Girl gimmick quotation in Serious. They should acknowledge that they hired Nellee Hooper asking him to sound like William Orbit sounding like Depeche Mode sounding like U2, and Andre 3000 asking him to re-write Kelis’ Milionnaire, which didn’t sell as a single, and turn into a best seller for Gwen Stefani. Bla, bla, bla, that’s Love, Angel, Music, Baby
The funniest is that this complete lack of inspiration is clearly shown in the full length version of What You Waiting For? video. The short movie is actually funny : Gwen Stefani wants an appointment at the Uninspired bandleaders going solo hospital… Check it out here (Quicktime).
The thing that really bothers me is that she appears to be the only one to blame for being such a copycat. Forgive her, she’s directed by Francis Lawrence, the guy who films women the way he films Big Macsⓒ.

Big Boss & Winsome – Ah si j’étais riche