Michelle, ma belle

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3 Destiny's Child pèsent moins lourd qu'1 Laurence Boccolini

Observe avec moi l’actuellement plus grand groupe de filles du monde… Trois bombes dont le boulot (promo-concerto-solo) est programmé jusqu’en 2008 (je n’invente rien, elles l’ont annoncé elles-même pendant la promo de Destiny Fulfilled). Trois bombes dont il ne va en rester qu’une, sauf que, contrairement à la 1ère compagnie, ce n’est pas le public qui décide : c’est tout vu d’avance !
Les mauvaises recrues LaTavia, LeToya et Farrah sont déjà oubliées. Elles ont quitté le bateau trop tôt, victimes de leur propre mutinerie égotique contre le système Knowles : papa manager, maman styliste, frère agent, soeur chanteuse (dans cet ordre ou dans un autre, mais ça ne change rien).
Et il y a celles qui ont survécu. (Résisteront-elles toutefois au curieux sponsoring de leur tournée par McDonald’s ? Message subliminal : pour devenir aussi maigres que les Destiny’s Child, mangez fat !)

  • La diva : Beyoncé Knowles, celle qui va gagner (à droite sur la photo). Frontwoman qui reprend aussi bien à son compte le côté black-mama-bien-habillée de Diana Ross que la musicalité sexy de Tina Turner. Et un talent tel qu’elle a fini par faire croire à la planète entière que Crazy in love était une bonne chanson.
  • La fausse suivante (au milieu) : Kelly Rowland, très pétasse avec ses cheveux rouges, ses lèvres ourlées et glossy, ses tenues légères, ses duos minables avec Nelly et Stomy Bugsy. Elle a du mal à cacher, en fait, celle qui se trouve (injustement) au troisième rang.
  • L’oie blanche… euh non… La transparente… euh non plus… Comment dire ? C’est comme si elle n’était pas là, et pourtant (à gauche)… Michelle Williams est une des plus grandes chanteuses de r’n’b actuel, comme on peut l’entendre sur Soldier, qui passe en ce moment à la radio.

Et justement, comme souvent, pas de bol pour elle, son couplet intervient à la fin de ce single. La version album dure presque six minutes, on l’entend seulement après le pont solo de Beyoncé (bis) et le featuring tout naze de Lil’ Wayne… Autant dire qu’elle doit être coupée, la pauvre, sur la version radio, et que, du coup, les auditeurs d’NRJ ne profitent pas des lignes Homey in the dickies in my zone tonight […] He the type that might change my life. Du petit nègre à la ghettostyle, moyennement crédible dans la bouche d’une meuf qui gagne des milliards de dollars par seconde (même quand elle dort), mais hypra-sensuel, avec cette voix rauque de fillette en pleine révolution oestrogénique trop à l’étroit dans sa culotte 12 ans…
A part ça, elle a fait deux albums solo de contemporary gospel. Un genre musical qui ne concerne qu’une petite partie du marché américain et qui, en général, pue la mollesse et les bons sentiments. Sauf que, lors du dernier passage des Destiny’s Child à Bercy, la demoiselle nous en avait servi une petite part qui m’avait, ma foi, retourné. Alors, depuis, j’ai fait un effort, j’ai écouté un peu de ses deux galettes et, je le confirme, ça pue.
Heureusement qu’elle pense parfois à aller chanter chez les autres, avec d’autres, pas toute seule, comme sur ce morceau un peu fastoche, je te l’accorde, mais qui me donne des frissons. Parce que, placé entre deux couplets du rappeur trop dans le vent Talib Kweli, Look at all the lonely people, c’est le refrain le plus soulful qu’on puisse extraire d’une chanson des Beatles.
Et ce n’est pas Aretha qui dira le contraire.

Music industry has made a few steps with Destiny’s Child (huge singles and LPs sellers, major cast changes and lawsuits, solo breakouts…) and experiences big game marketing: I don’t think a band has ever included before their sponsor’s baseline into their world tour’s title : Destiny fulfilled… and lovin’ it
After hiring sporty Justin Timberlake to perform I’m lovin’ it promotional tune, will McDonald’s ask Beyoncé, Kelly and Michelle to have Big Macsⓒ on stage? Something has gone definitely wrong with American food: while not-so-thin Laura Bush is involved in the national campaign about heart disease, Destiny’s Child pretend that the more you love junk food, the thinner you look… These girls mustn’t have even seen a hamburger for years!
Yet, Michelle Williams, the tinier of them three girls, is my favourite. Because of her voice: she sounds like a little girl, throaty and whiny, stuck in her puberty’s first steps (and panties).
I like the fact that she’s always behind the two others. She often manages to beat Beyoncé’s glamourous virtuosity and Kelly’s bitchy flawlessness in a few screams or sighs. She’s the perfect background: on DC’s Destiny Fulfilled, her singing and verse almost appear as those of a featuring artist. Even when she opens a song, like If… And with her sexy verse, she perfectly closes Soldier.
As a solo artist, she hasn’t reached any success outside of the US, I guess. Contemporay gospel is not a genre that sells a lot outside of african-american communities. Michelle has also done some nice, and actual, featurings. Today’s pick, Lonely People, is one of them, from Talib Kweli‘s The Beautiful Struggle. Yet this track doesn’t appear on the regular edition: was it taken off the CD after a sample clearance issue or is it a leak as reported on Diesel Nation? Even if the cover is quite obvious, even if the track sounds also easy, Michelle vocalizes with much soul Paul Mac Cartney’s lines, and proves to be a great singer.

(image taken from rollingstone.com)

Talib Kweli feat.Michelle Williams – Lonely People