Somos todos iguais

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elzasoares

Actualité oblige, moi aussi, je vais parler Brésil. Mais pas du miracle économique, ni des échéances politiques, encore moins des avions militaires. Pas de mes vacances à Rio non plus, je n’y ai pas mis les pieds depuis 1983. Non, je vais parler d’Elza Soares (encore). Ma chanteuse préférée que j’aime le plus au monde, celle qui me fait pleurer quand je pense que j’ai pleuré en la voyant chanter la chanson qui me fait pleurer (7e morceau de la liste). J’ai déjà un peu raconté sa vie quand j’écrivais beaucoup plus ici.
Elle est bien vieille maintenant, 73 ans, mais elle tient encore (à peu près) debout. Elle chante toujours (assise la plupart du temps, donc) et les Brésiliens l’adorent parce qu’elle les représente si bien : la musique coule dans ses veines, le futebol a marqué sa vie jusque dans sa chair, la chirurgie esthétique aussi, et elle mourra en dansant la samba.
J’ai rassemblé au fil des années la quasi intégralité de sa discographie. « Se acaso você chegasse », son premier enregistrement date de 1959. Jusqu’au milieu des années 70, fidèlement soutenue par son label historique, Odéon, elle a enchaîné les albums de samba et de bossa nova avec un swing et un flow inégalés. A mon goût, les années 80 sont moins emballantes sur le plan musical, même si Caetano Veloso et d’autres brutes de la MPB (qui, 10 ans auparavant, avaient raillé son répertoire trop « popu ») lui ont écrit des disques.
C’est pourtant à cette période qu’elle a confirmé son statut d’icône nationale : les drames personnels qu’elle a endurés ont touché la foule sentimentale accro aux telenovelas. Depuis les années 90 et aujourd’hui encore, elle déplace les followers. La jeune scène urbaine de Rio l’a remise au goût du jour au début des années 2000, et la mamie a pris le train du rap, de la funk carioca et du featuring à gogo. Et, au risque de me répéter, elle a été couronnée « chanteuse du millénaire » par la BBC.
Voici donc ma seleção : morceaux emblématiques, pépites que je chéris et jolis duos. Muito prazer.

Elza Soares is my favourite singer among all favourites. Her voice touches me in a point where no other singer touches me (well, except for Joe Dukie, but it’s another story) and I have once told her divalicious legend. The purpose of this post is celebrate her scat, her groove, her warm raucousness, her soulful interpretations and most of all her overwhelming love of music and life. « Vivo Feliz » is the name of her latest solo studio LP (2004) and I guess it says it all, no matter what she went through (poverty, rape, violence, racism, death… ).
Free, strong and outspoken woman, notwithstanding her iconic status, she was involved in left-wing political activism in the 70s and has supported gay rights from the 80s. « We are all equal« , she sang in 1985. Unfortunately, it’s one of Elza’s weakest albums (undisputedly the worst cover artwork) and, despite the title of this post, none of the songs from this LP is featured on the personal seleção I’ve cooked up. 27 tracks earpicked in her whole discography: from 1959 to the Oughties, she has recorded hundreds of sambas, bossa novas and other brazilian gems that dig into jazz and urban contemporary influences.
Her fame and story have inspired a musical, Crioula, and an upcoming documentary biopic: « Elza Soares, a voz do Brasil« .
Let’s hope that Brazil will speak with the same hopeful and lively voice when its people goes to the voting booths on Sunday..

Elza Soares seleção :

1. samba da minha terra ◊ 2. saltei de banda ◊ 3. maria, mária, mariá ◊ 4. pot-pourri com miltinho : alô alô – pelo telefone ◊ 5. aquarela brasileira ◊ 6. malandro ◊ 7. pranto livre ◊ 8. marambaia ◊ 9. edmundo (in the mood) ◊ 10. julgar é missão divina ◊ 11. deixa isso pra lá ◊ 12. vida ◊ 13. antonico ◊ 14. sacrificio ◊ 15. se acaso você chegasse ◊ 16. mas que nada ◊ 17. tristeza ◊ 18. rosa morena ◊ 19. pot-pourri com miltinho : você já foi a bahia ? – vestido de bolero ◊ 20. barão beleza ◊ 21. maledicencia ◊ 22. nos braços do samba ◊ 23. conversa de botequim ◊ 24. fadas ◊ 25. façamos (vamos amar) (participação especial de chico buarque) ◊ 26. mandingueira (bid com elza soares) ◊ 27. rio de janeiro

Ça fait un peu sérieux, leur devise
« Ordem e progresso »,
ils auraient dû mettre « Sea, sex & sun »

Fea Fairy

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Année du Brésil : tant qu'à se gaver de samba, autant que ce soit de la bonne... Pas eu de retour jusqu’à présent sur la sélection de RADIOLALA2, mais j’espère bien, cher lecteur, qui tu t’es laissé toucher par la chanson numéro 11. Un « lala » qui vient de bien profond dans la gorge, plein de rage et de désespoir, d’amour et d’âme brésilienne, de saudade pour être exact…
Elza Soares, c’est une grande dame de la chanson brasiliera, un personnage larger than life, un destin terrible : née dans une favela de Rio de Janeiro en 1937, mère à 12 ans, veuve à 18, mariée à Mané Garrincha (si comme moi tu connais peu l’histoire du football, sache que c’est une icône, ce monsieur) dont elle a eu un fils, Garrinchinha, joueur de foot mort itou… Une vie pas franchement long-fleuve-tranquille qu’elle a raconté dans son autobiographie Cantando para não enlouquecer (Chanter pour ne pas devenir folle) : la mulata (métisse) a vécu du Brésil en Italie, luttant pour la reconnaissance des noirs et soutenant les mouvements politico-culturels gauchistes des années 70.
Son genre, c’est la samba. Mais, vedette dès les années 60, elle s’est entourée des plus grands compositeurs et arrangeurs pour faire de sa discographie une mine d’or, où la samba flirte avec la bossa nova (Sambossa, 1963), avec le tropicalisme, la MPB, le rock brésilien des années 80 et les musiques électroniques dans les années 90/2000.
Toujours vivante, de plus en plus liftée-décolletée… Elza… Je veux vieillir aussi bien que ta voix.

Pay attention to song number 11 in RADIOLALA2 program: Pranto livre, the beautiful torch canção performed by Elza Soares.
The kids call her fea (ugly) and her fate is quite extraordinary: mother at 12, widow at 18, she also married Mané Garrincha, Brazil’s second best soccer player, with whom she had a child, Garrinchinha, who died in 1986… From her story, she wrote Cantando para não enlouquecer (Singing to keep from going insane): she has hardly ever stopped singing since the 60’s, going through different styles, from samba to electronic music.
Made Embaixatriz do Samba by the Brazilian Popular Music Council in 1972, with her glittery costumes, diva poses and heart-throbbing songs, she also became a gay icon in Brazil in the late 80’s. I’m gay, but I like men, she even declared once… She was even awarded Singer of the Millenium by the BBC in 2000.
Recorded in 1967, Antonico is taken from Elza, Miltinho e Samba, the first of a three albums series, on which she covered samba classics with another over-popular sambista, Miltinho. On this song, she fervently begs Saint Anthony to help a friend of hers, in a witty tone, full of hope and generosity.
Fea, but a nice girl, in the end.

Elza Soares – Antonico