10 random thoughts about Beyoncé / 10 trucs au sujet de Beyoncé

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Truc n°1. Personne ne peut reprendre les chansons de Beyoncé


Le premier candidat de téléréalité qui reprend Crazy In Love se fait sortir par les rouges du jury et les votes du public en moins de temps qu’il faut pour twerker. Peu d’artistes mainstream parviennent à incarner leur personnage musical de façon aussi aboutie, et sur la durée : il est extrêmement risqué de s’attaquer frontalement à du Céline Dion, du Madonna ou du Michael Jackson sans passer pour un baltringue. Si tu en doutes, mate ce duo Janelle Monáe / Kimbra : alors que la première assure la relève en envoyant du très très lourd, l’autre tire sur les cordes vocales comme une chanteuse de baloche. Cela dit, avec les bonnes chansons, il y a toujours matière à… The Weeknd s’en est sorti, en refroidissant Drunk In Love au point d’en faire une version complètement dépressive, loin de l’ode langoureuse que le morceau est à l’origine. Autre possibilité : faire des reprises sans musique ni choré, comme les Beyoncélogues de l’hilarante, mais pas que, Nina Millin. Continue reading

Catching up

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SUMMER AUTUMN WINTER SELECT
1 Prelude to Audiotronics = PNS
2 Don’t Call It Love (12″ version) = Zero 7
3 Gotas = Taiguara
4 Youth (Le Youth remix) = Foxes
5 Embrace (version) = Hayden James
6 Ain’t Got Nobody (Original mix) = Sísý Ey
7 Until We Shine (Original mix) = David August Feat. Yvy
8 I’m Gonna Leave You = Melanie De Biasio
9 Blue Canary = Ayumi Ishida
10 Galaxy (I’m the Ruler) = Bill Campbell & Aaron Harry
11 I Can’t Give Back The Love I Feel For You = Suzee Ikeda
12 Mi Chico Favorito = Susana Estrada
13 Skater Lady = Rollergirl
14 Watching The World (Prins Thomas diskomiks) = Surahn
15 Wild Fancy Sampler = Scha Dara Parr
16 Together = Celi Bee & The Buzzy Bunch
17 Living With My Best Friend = Ruthann Friedman
18 Idhu Oru Nila Kalam = S. Janaki & T.V.Gopalakrishnan
19 Mad George = Don Cooper
20 I Don’t Think I Know Her = Tee & Cara

Claude Debussy au piano dans la propriété d' Ernest Chausson à Luzancy.

SPRING SELECT 2014
1 An Angel With No Halo (Prince Fatty dub) = Nostalgia 77
2 Malvina = Maria Creuza
3 Lúcia Esparadrapo = Betinho
4 Love Story = Miki Hirayama
5 I Can Tell = John Handy
6 (It’s) Rough Out Here = The Modulations
7 Two Worlds = Amerigo Gazaway feat. Kanye West
8 Désordre Musical = Les Pachas Du Canapé Vert
9 A Brand New Wayo = Mixed Grill
10 Wait = Obey City
11 Aerosol Can = Major Lazer feat. Pharrell Williams
12 We Do Fiesta (Original mix) = Greeko
13 Jerk Ribs (Beatnik remix) = Kelis
14 Something In The Air (Bonobo remix) = Maya Jane Coles
15 World From A Cloud = Marcelo
16 Blue Dream = Jhene’ Aiko
17 I Am Ocean = Laraaji
18 Irene = Rodrigo Amarante
19 Black Trombone = Catherine Sauvage
20 Down To The Sound = Bibio

download CD1+CD2

Why couldn’t it be lasting
just one more day?


(Original image:
Claude Debussy au piano dans la propriété d’ Ernest Chausson à Luzancy,
Anonyme)

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We are Light and Love

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springselectmmxiii.gif
I. THE MAZE (CHROME CANYON REMIX) : CHATEAU MARMONT + II. ONE TYPE OF DARK (TA-KU REMIX) : GINGER & THE GHOST + III. HOT JAZZYBELLE : KAYTRANADA + IV. BAR À COUGARS INTERLUDE : SOULEANCE + V. LOVE IS THE BEST : INDIGO + VI. THAT’S WHAT FRIENDS ARE FOR : MADELINE BELL & ALAN PARKER + VII. THIS PARTY IS JUST FOR YOU (12”) : SPECIAL TOUCH + VIII. WARM SPELL (LARRY GUS REMIX) : SINKANE + IX. BRINGING YOU DOWN : JONAS RATHSMAN + X. LOVE LIKE THIS (STEFFI GRAF REMIX) : BIXEL BOYS + XI. AFRICAN LOVE SONG (FTS RE-EDIT) : GEPY & GEPY + XII. EL AYER JUNTO A TI : MILLY CON LOS VECINOS + XIII. AIN’T NO SUN (SINCE YOU GONE) : THE DYNAMICS + XIV. 불어라 봄바람 : KIM JUNG MI + XV. FAMLA : SAM FAN THOMAS + XVI. IT’S ALL OVER NOW BABY BLUE : RICHIE HAVENS + XVII. ANOTHER TIME : THE APRYL FOOL

SPRING SELECT MMXIII

Please hold the line,
we are trying to connect you
[Vivaldi’s La Primavera endlessly playing]

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font: Calendas Plus)

Où sont les fembots ?

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Machos after all En choisissant d’intituler l’album Random Access Memories, les Daft affichent clairement leur concept : souvenirs-souvenirs, un peu de ceci, un peu de cela. Au petit bonheur la chance, suis-je tenté d’ajouter. Ils se sont fait plaisir, on ne peut pas le leur reprocher étant donné la clique classe qu’ils ont réussi à rassembler autour d’eux. (Cela dit, pas l’ombre d’une femme à l’horizon : la misogynie nerd et adolescente du duo de potos commence à se voir…) Continue reading

Let’s go to the discothique

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ws2013web.jpg
1. Bazazz Tengoku – The Cupids ¤ 2. Amada Mia, Amore Mio – The Starlite Orchestra ¤ 3. Ain’t Nothing Gonna Keep Me From You – Teri DeSario ¤ 4. Get Up Get Up – Daniel Wang ¤ 5. Sunset (original mix) – Compuphonic feat. Marques Toliver ¤ 6. Hoooooray – Coma ¤ 7. So Below – Vin Sol ¤ 8. The Fall (Maurice Fulton alt remix) – Rhye ¤ 9. Be Your Girl (Kaytranada extended edition) – Teedra Moses ¤ 10. Treat Me Like Fire – Lion Babe ¤ 11. Love (Your Pain Goes Deep) – Frankie Beverly & the Butlers ¤ 12. Disco Jack – Jackie Mittoo ¤ 13. Cumbia Sampuesana – Alfredo Gutierrez y sus Acordeones Dorados ¤ 14. Think Twice – Donald Byrd ¤ 15. Mashote do Rio – MashmyAs$ ¤ 16. Walkin’ In The Sun – Rufus & Chaka Khan ¤ 17. Every Time Is The Last Time (feat. Sandi Hewitt) – Teruo Nakamura & the Rising Sun Band ¤

¤ WINTER SELECT 2013 ¤

Tropiques au compteur, change pas le moteur

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#libertédeconscience #mariagepourtous

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mariagepourtous.gif

Monsieur le Président,

Je ne vous écris pas pour vous demander de tenir la promesse 31 de votre plateforme présidentielle. A 37 ans, j’ai vu suffisamment d’élus, à tous les niveaux, de la petite mairie de campagne au palais de l’Elysée, oublier leurs paroles de campagne au profit d’un réalisme bon teint et de la recherche du consensus, une fois au pouvoir. Je ne me fais guère d’illusions et, je n’espère pas que vous mettiez en œuvre plus d’une trentaine de vos soixante engagements.
Le mariage pour tous, toutefois, tient une place à part dans le programme que vous avez présenté aux Français : une loi symbolique ; un engagement clairement de gauche ; une avancée sociale comparable à l’abolition de la peine de mort ou, dans une thématique plus proche, à l’égalité de la majorité sexuelle établies en leur temps par Mitterrand ; la possibilité pour la France en tant que pays des droits de l’homme de rattraper son retard sur la question ; une proposition à la fois « dans l’air du temps » mais aussi en avance sur les traditions dont on se réclame à mon goût trop souvent ; une réforme qui ne coûte pas un sou ; enfin, la reconnaissance par l’Etat que je ne suis pas un citoyen de seconde zone sur le plan psychologique, social et familial, indigne de me marier ou d’élever des enfants.
C’est pourquoi, depuis votre élection, parmi toutes les mesures que vous et votre gouvernement présentez, je suis de près le processus de sa concrétisation et le débat qui a bel et bien lieu à ce sujet.
Je ne suis pas le seul à avoir noté une certaine hésitation, si ce n’est de la timidité, lorsque la présentation du projet de loi devant le parlement a été repoussée de quelques semaines. Cela m’a choqué, j’ai immédiatement déploré que cela ne servirait qu’à envenimer le discours des uns et à radicaliser les autres. Cela n’a effectivement pas manqué et les manifestations de ce week-end en sont la preuve.
Que les religieux les plus archaïques s’accrochent à leurs dogmes pour s’y opposer, grand bien leur fasse. Qu’ils m’insultent au passage, qu’ils fassent l’amalgame entre l’homosexualité et des pratiques aussi condamnables que l’inceste ou la zoophilie, pourquoi pas. Tant que les dépositaires de l’autorité publique condamnent de tels propos, je suis rassuré.
Mais aujourd’hui, lors de votre discours devant l’Association des maires de France, vous avez proposé qu’on délègue le mariage entre homosexuels à des adjoints. Au nom d’une liberté de conscience, inacceptable, si ce n’est inconstitutionnelle, pour un élu municipal.
La promesse de l’égalité de droits n’en est désormais plus une, vous érigez le préjugé en principe recevable de l’exercice du pouvoir.
Comment osez-vous tordre ainsi la devise française « Liberté, égalité, fraternité ? Avez-vous considéré les conséquences d’une telle déclaration au regard des autres minorités qui constituent la population française ? Au nom de quelle valeur considérez-vous qu’un maire peut avoir une conscience autre que celle de servir la République et de faire appliquer sa loi ?
J’enrage et je regrette déjà les deux bulletins de vote que j’ai glissés dans l’urne pour vous porter aux responsabilités. Au-delà de la défense d’une cause qui me tient à cœur, ce soir, j’ai honte d’être français, honte d’avoir cautionné par la voie démocratique votre propre déni de l’idéal républicain.
Les convenances voudraient que je vous prie de recevoir mes salutations distinguées, mais je ne peux que vous présenter, Monsieur le Président, l’expression de ma consternation et le sentiment de déshonneur que vous m’inspirez.

Hubert Kerjean

[EDIT] Bien que le président ait retiré ses propos, je laisse le billet en ligne. Ça pourra toujours servir.

(Voir aussi : François Hollande – Quels droits pour les LGBT ?
Homosexualités et Socialisme, le 29 septembre 2011
image : affichespourtous.fr)

And records scattered on the floor

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automne select 2012
1. INTRO :
JANINE
2. EVERLASTING (GAZELLA REMIX) :
GLUTEUS MAXIMUS
3. SAY MY NAME (CYRIL HAHN REMIX) :
DESTINY’S CHILD
4. LAY IT DOWN (ANDRE LODEMANN NEW VOCAL REMIX) :
OMAR
5. AND I SAY FEAT. SCOUT LARUE AND WILL EPSTEIN (XINOBI EDIT) :
NICOLAS JAAR
6. OH SHEILA (2 SPARE ASTRONAUTS EDIT) :
SLEAZY MCQUEEN
7. SUGAR :
MOON BOOTS
8. SMILE SONG :
PLONE
9. ALL I HAVE TO DO IS DREAM :
WILLIAM BELL & CARLA THOMAS
10. THE SUN DIED :
PAUL BRETT’S SAGE
11. HIP SHAKIN’ MAMA :
IRMA THOMAS
12. LADY MADONNA REWORK (IN PROGRESS) :
MY NAME IS NOBODY
13. HE’S A FRIEND :
DOROTHY NORWOOD
14. BAUMHAUS :
MICHAEL MAYER
15. THE NIGHT BEFORE :
LEE HAZLEWOOD
16. CLAIR DE LUNE (RAC ANALOG SYNTHESIZER VERSION) :
CLAUDE DEBUSSY
17. MAD RUSH ORGAN :
PHILIP GLASS & PANTHA DU PRINCE
18. FLÖTE :
POPOL VUH

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Stuck somewhere between summer and winter

(Music selection and cover design by PlayPause,
original picture taken here)

Vámonos de viaje

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Wanna hold me, wanna kiss me, wanna do it to me

1.OrchidsForTheSunfeat.Quadron·Instrumental
·LeonWare
2.OnAndOn
·HarveyMason
3.INeedYouTonight
·PunkinMachine
4.ThePresidentIsGone·ComboRe·Edit
·JohnCarpenterinassociationwithAlanHowarth
5.TheDiscoJamBamBam
·RegionalGarland
6.ForOneNight
·AlPatron
7.LoseYourselfToJennyfeat.JacobBellens·AxelBomanDub
·KasperBjørke
8.Juntapena
·Fakuta
9.WithYoufeat.Grosvenor·MAMRemix
·FlightFacilities
10.JiveTalk
·Nitetime
11.Destination:Education·TerranovaMix
·GuiBoratto
12.NattyJussi·JoriHulkkonenRemix
·RenaissanceMan
13.Running·DisclosureRemix·JessieWare
14.SpringAffair·GroovedownMemoryEdit
·DonnaSummer
15.PlayWithLil’Dorothy·Interlude
·JneiroJarel
16.CumbiaBogotana
·AnibalVelásquezysuConjunto
17.SambaFúnebre
·Pixinguinha
18.TheLongGoodbye
·JackSheldon

SUMMER2012SELECT

Le réchauffement climatique,
c’est pas automatique.

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Dealeuse de hit

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Good girls don't misbehave but she's a bad girl anyway Tant de temps passé à écouter et à penser Madonna depuis mes années collège, pourtant je n’ai jamais consacré plus de quelques minutes à écrire à son propos (sauf ici, et ). Au fond, je n’ai jamais été à l’aise avec le fait d’être aussi fasciné par elle, sa musique et ses shows (infiniment moins par le reste de sa production artistique), compendium de la pop commerciale mondialiste, alors que je me revendique aussi comme un mélomane curieux et ouvert, pas vraiment enclin à la trivialité des faiseurs de tubes.

Tu parles.

C’est peut-être parce que son nouvel album s’appelle MDNA et que le moment est venu de parler de mon addiction à la Ciccocaïne.

C’est peut-être aussi parce que, pour une fois, presque rien de ce que j’ai lu ne correspond réellement à ce que j’en pense.

C’est peut-être enfin parce que chacun de ses albums a accompagné une tranche de ma vie et que j’ai envie de détailler la recette qu’elle me sert en 2012, celle que je vais avaler pendant les mois et les années à venir, jusqu’à l’écœurement.

Tout a déjà été écrit à propos de MDNA, entre manifeste de son règne sur la pop depuis 30 ans et tentative pathétique de come-back sur les terres labourées par Lady Gaga. Je ne pense pas que la question se pose de cette façon : Madonna, par sa carrière et le personnage public qu’elle a développé, n’a plus rien à prouver. Michael Jackson et Whitney Houston enterrés, elle est la seule superstar des années 80 encore en exercice qui parvient à la fois à susciter un intérêt médiatique et à déplacer les foules. Autre survivant et ancien collaborateur du temps de Like A Prayer, Prince est un peu à part, retranché dans une posture alternative (si le qualificatif est pertinent pour un artiste de sa carrure) qui intrigue plus qu’elle ne passionne. Mais c’est une autre histoire, j’y reviendrai peut-être un jour.

Cet album porte bien son nom. La dame répète à longueur d’interviews qu’il s’agit d’un “triple entendre”, ce qui dans la langue d’Elvis, signifie “jeu de mots à trois sens”. Au premier degré, une mode venue de l’underground électro qui, de MSTKRFT à SBTRKT, s’amuse à supprimer les voyelles, genre “t’as vu mon blaze comme il est classe ?”. Sauf que, là, on vire un N, on garde un A, c’est un peu boiteux et MDNN aurait été foireux de toute façon. (Kylie Minogue est aussi une copieuse : pour ses 25 ans de carrière, le projet s’appelle K25.) Flickr et Tumblr sont sur la même ligne, c’est du branding 2.0. Mine de rien, la doyenne a encore du flair. Ou de bons conseillers.

Au deuxième degré, un simple changement d’initiale qui ne trompe personne : Madonna = gay fanbase = clubbing = drogue pour danser jusqu’au petit matin. Cliché et ringard, ce raisonnement s’appuie sur une histoire longue de trente ans entre la noctambule du New York post-punk et la communauté homo qui le lui a toujours bien rendu. En 2005, sur Confessions On A Dance Floor, c’est par une approche disco, queer et fun, ambiance Abba et boule à facettes, qu’elle avait appâté du pédé. Aujourd’hui, c’est un peu dommage que ce lien, bâti sur des prises de positions honorables d’un côté et la fidélité de l’autre, soit réduit à cet (ego) trip facile. Mais elle affirme aussi en ce sens que la came, c’est elle. Et Madonna, c’est de la bonne.

Au troisième degré, le “Madonna DNA” (ADN en anglais), et c’est là que ça devient intéressant… A peu de choses près, chaque chanson de MDNA sonne comme le remix d’un morceau existant. Là où la plupart des critiques cherchent le marquage à la culotte de Lady Gaga, Madonna s’est contentée de resservir sa bonne vieille soupe. L’album manque peut-être de surprises, il est conçu comme un best-of où chaque auditeur retrouve son hit préféré, remis au goût du jour. Le premier single Give Me All Your Luvin’ est une version accélérée de Like A Virgin ; I’m Addicted est un reboot après chirurgie esthétique de Rescue Me ; I’m A Sinner fait un mash-up de Human Nature avec Ray Of Light ; I Don’t Give A peaufine le brouillon qu’était American Life ; l’intro de Girl Gone Wild, premier titre de MDNA, reprend exactement Act Of Contrition, l’outro de l’album Like A Prayer, alors que les couplets pompent allègrement Hung Up… Au lieu de courir après les jeunettes qui lui doivent tout, elle s’auto-cite (elle l’a toujours fait) : on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.

Certains clins d’œil sont subliminaux : seule Gang Bang semble sortir réellement du lot. Ce morceau épique affiche une agressivité meurtrière jusque là quasiment absente des textes de Madonna, si l’on exclut le prurit R&B Revolver (au refrain inoubliablement poétique “My sex is a killer, do you wanna die happy ?”) et le bonus track Beautiful Killer, étrange hommage à Alain Delon dont elle s’imagine la victime consentante, flingue dans la bouche pour qu’elle se taise. Mais on retrouve tout de même sur Gang Bang des réminiscences du travail de Mirwais, des sonorités datées qui ont fait la triste renommée de l’album Erotica et le beat “techno de backroom” entendu sur les milliards de remixes produits depuis 20 ans. Autrefois, elle chantait les amours déçues et les amants indécis ; aujourd’hui, elle pourchasse son ex en enfer pour le buter une deuxième fois. On est loin de la plénitude zen affichée à l’époque Ray Of Light, de l’introspection mystique période American Life et de l’hédonisme fédérateur qui parcourt son œuvre depuis Everybody, son tout premier single. Ce traitement sombre et trash du thème de la rupture révèle une psychologie de pétasse vengeresse, en décalage avec la sagesse dont elle se pare sur d’autres titres.

Pied de nez au poncif de la presse musicale qui attend toujours “l’album de la maturité” de la part d’un(e) artiste confirmé(e), MDNA est un disque de crise d’adolescence. Rien d’étonnant étant donné l’âge de moins en moins assumé de la chanteuse. Elle affirme crânement qu’elle est ceci (une fille qui se lâche sur Girl Gone Wild), cela (autocritique jusqu’à l’excès sur I Fucked Up), ou tout simplement la reine, d’après le rap de Nicki Minaj sur le final grandiloquent de I Don’t Give A. Oubliées la politique et les valeurs morales. Tombé le masque de confiseuse qui avait farci ses loukoums de sous-entendus mielleux sur l’album Hard Candy. En 2012, Madonna veut entendre le nom de son amoureux pour la montée que ça lui provoque, peu importe ce que lui ressent pour elle. Elle n’invite plus les gens à danser avec elle. Elle ne veut pas s’expliquer, comme elle le clame sur Turn Up The Radio.  Elle veut seulement prendre le volant, se tirer très vite et très loin en écoutant de la merde très fort. En voiture Ciccone !

Elle ne sera pas toute seule, j’ai pris la place du mort (par overdose).

“Guilty pleasure”. That’s how you put it in English.

I’m basically coming out as a Madonna fan today. Playpause never quite made room for the Queen of Pop, except here and there. I like to present myself as a serious music listener. Serious in the sense that I keep my ears wide open, that I can talk for hours about pop or soul or jazz or disco history and that I don’t indulge in Top 40 hits.

You wish.

Time has come for a proper critique of MDNA. I already read a lot about the record, but didn’t find the spot-on review. Every writer, every blogger seems to be investigating the Madonna case as if she was already dead and buried under the mounts of Lady Gaga. But, hey, hasn’t Madonna been there for 30 years when la Gaga is already struggling to keep relevant? Madonna has nothing to prove : after Michael Jackson’s and Whitney Houston’s passing, she is the only artist from the 80s that the world still cares about. I mean, the girl has been doing the same job since 1982 (not counting her training years as a dancer or background singer), she never got fired and, even when she flopped or disappointed, people were still raving about her. She’s Queen Elizabeth II, Steven Spielberg and Coca-Cola at the same time.

So, what’s to expect from MDNA? Just another Madonna record, actually. I don’t subscribe to the point of view that Madonna is a groundbreaker. She probably never really was one for real. Musically speaking, she’s not a trensetter but a trendsurfer. She’s a smart chick, she has flair, she’s greedy and a dominatrix. She’ll do what it takes to make a scene and buzz the headlines. She’s picked Nile Rodgers to compete with Diana Ross, Debbie Harry and David Bowie, who were confirmed pop acts. She’s hired Lenny Kravitz when Lenny Kravitz was writing lusciously good songs. She’s sucked up Björk’s work when Björk was still a London clubkid. She’s prostituted Mirwais to show that music can make the bourgeoisie (her) and the rebels (him) come together. She’s sampled Abba to hammer the fact that she’s been updating the disco genre for 30 years. She’s hastily teamed up with Pharrell Williams, Timbaland and Justin Timberlake to set herself free from her (former) record company and still managed to put the biggest tour ever for a solo artist out of a bleh album.

In 2012, she’s using the same old recipes. But she’s nipped and tucked them in order to make them sound anew, just like she’s been doing plastic surgery quite gradually for the last 10 years in order to look ageless. But, she’s not fooling anyone and, as she sings on MDNA, she doesn’t give a fuck. Madonna is Benjamin Button, Madonna is the daughter of her own daughter Lourdes. MDNA is the slicker, more condensed version of everything you like about Madonna. MDNA is genetically modified Madonna (the first album). MDNA is the answer to the question Who’s That Girl ?. MDNA is Like A Prayer faithless. MDNA is radio-friendly Erotica. MDNA is Ray Of Light at the club. MDNA is auto-absolved Confessions On A Dance Floor.

Full of self-references, the album sounds like a remix of her past hits. Give Me All Your Luvin’ is Like a Virgin ; Girl Gone Wild tells the same story as Burning Up ; the probable next single Turn Up The Radio enhances Holiday and Where’s The Party with more volume and sound compression ; I’m Addicted redoes Borderline and Rescue Me in a cruder, self-conscious way ; I’m A Sinner mashes Human Nature up with Ray Of Light. Et cætera. Nothing too surprising, everything so familiar.

She has left off the political statements and she pretends to be sorry for the pain she’s caused. But at the same time, she pictures herself as a witch descending to hell to kill her ex twice just because she feels it would be fun. Lyrical consistency was never her thing (neither grammar, by the way). 20 years ago, she needed to “justify her love” but now the talking is over. She just needs to dance, on her own. Her divorce with Guy Ritchie is obviously one of the themes of the record, but she doesn’t even try to make it sound authentic. She just fuels her pop songs with stories that people think they need to hear from her. On Gang Bang, she takes an unapologetic and immature revenge whereas, on I Fucked Up and Best Friend, she longs for the lost love. Tell me about steadiness.

So MDNA is a record about teenage crisis, the ultimate ego trip. It’s about coming out as she is: a megalomaniac persona who enjoys dancing wildly, bitching about everybody else and pretendig to be a lady at heart. Whereas the first album and American Life remain my favorites, MDNA is already the soundtrack of the months to come. Time has passed since Lou Reed sang about waiting for his man to provide the dope. Madonna IS the drug, she doesn’t need anyone or anything to get high on herself. Me neither.

Lady Madonna, children at your feet,
Wonder how you manage to make ends meet.